HISTORIQUE DE BONNUT
Abrégé de l’histoire de Bonnut
Les origines de Bonnut
Bonnut est mentionné pour la première fois au 12e siècle comme « Bonut » dans le cartulaire de Sorde, qui signale en même temps la présence d’une éminence : le tarruc de Montargon, dominant la vallée de l’Oursoô. C’est là, le vestige le plus ancien. Comme d’autres ouvrages de terre existant ailleurs, il s’agit d’un de ces villages de l’Âge du Fer, déjà désertés à partir de l’invasion romaine, il y a plus de deux millénaires. Le nom a sans doute été donné par les moines de Sorde, par métaphore ou dérision en se référant au château aragonais de Montearagón, près de Huesca, cette forteresse établie sur une éminence qui a permis la reprise de Huesca (1096), puis est devenue, par la suite, un monastère célèbre, haut-lieu de la chrétienté, à 160 km à vol de palombe au sud de Bonnut.
Le nom de Bonnut a, lui aussi, été donné dans les écritures des moines de Sorde ou de Dax, il signifie « frontalier », car aujourd’hui encore, Bonnut est aux limites du Soubestre, de la Chalosse et du Béarn, et ceci est une caractéristique majeure de la commune.
Les abbayes laïques
Comme c’était souvent le cas au pied des Pyrénées, les peuplements se sont d’abord organisés en casaus (la maison, ses bordes et ses terres) ou en abbayes laïques, c’est-à-dire que des seigneurs, ou propriétaires paysans avaient exceptionnellement le droit de lever la dîme à condition d’entretenir une église, ou un lieu de culte, et pourvoir à son chapelain (lo caperan). Deux abbayes laïques ont fait allégeance à l’abbaye conventuelle de Sorde : Saint-Martin de Bonnut, au nord et Sainte-Marie de Castagnède, au sud, au contact du Béarn ; en latin : Sancta Maria de Castanehed ou bien de Casted. La castanhèda est une plantation de châtaigniers, Castèth fait référence à la présence du tarruc de Montargon, l’église actuelle l’ayant supplanté depuis longtemps.
Les églises datent du 12e siècle, Sainte-Marie a encore des éléments romans d’origine à son abside. L’église de Saint-Martin a été rebâtie au 19e.
Fondation du bourg
Vers le 14e siècle, les seigneurs de Saint-Martin ont adopté, comme ailleurs, les recommandations du For de Morlaàs, c’est-à-dire de regrouper les paysans libres sur une position défendable, en leur demandant de « har carrèra » (faire rue), le seigneur leur attribuant de part et d’autre un espace défini d’une largeur qu’ils seraient chargés de défendre. Le tout entouré de fossés et talus dont on peut voir encore le dessin (camin de darrèr lo Borg). À Bonnut, comme dans d’autres bourgs, il y avait à une extrémité l’emplacement défendu pour la résidence du casalèr, ou intendant du grand seigneur (ici, les barons de Caupenne et d’Amou). Les géomètres du cadastre napoléonien (1828) l’ont baptisé « la Redoute », nous on dit toujours lo Casalòt.
Les temps modernes
Il faudrait une étude plus approfondie pour écrire une histoire de Bonnut, mais elle ne serait que le reflet d’une existence relativement paisible, sauf pour les relations avec Orthez qui étaient parfois tendues selon le Martinet, le registre des délibérations d’Orthez du 15e siècle.
La Révolution a placé Bonnut dans les Basses-Pyrénées, cependant il a fallu un vote de 1855 pour que les habitants acceptent, à la majorité, leur maintien dans ce département.
L’empreinte des partitions de la commune de Bonnut en quartiers s’est maintenue, il y a toujours deux villages avec leur église, et même leur fête ou leur école jusqu’à récemment. Les repas de quartiers annuels suivent plus ou moins cette coutume, sauf affinités particulières. Les quartiers en tournant dans le sens du courant sont : L’Oursoô (la route d’Amou) ; — Gayon ; — Le bourg ; — Le Biellè (lo Vielèr) ; — L’arrue de Manes ; — Cournè ; — et enfin Castèth (Sainte-Marie).
Crestian Lamaison
